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Les petites merveilles : la Chevelure de Bérénice

5ème constellation présentée.

Petites Merveilles : Coma Berenices
Guide du Mois du Ciel Nocturne
par Tom Trusock

Traduction : P. Henrotay

La version originale de cet article (en anglais) se trouve sur le site de CloudyNights.

Un document PDF (en anglais) est disponible ici.

Carte d’ensemble

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Coma Berenices. Une petite constellation – elle est petite par la taille, et peu impressionnante par l’éclat de ses étoiles (la plus brillante, Beta, atteint la magnitude bien faible de 4.2), mais elle ne manque certainement pas d’objets pour qui possède un petit télescope. C’est un point d’ancrage d’une des extrémités du fameux super-amas de la Vierge, et elle abrite donc principalement des galaxies. Mais ce n’est pas tout – il y a aussi un amas ouvert vraiment très joli aux jumelles déjà, ainsi que deux amas globulaires de brillance modérée. Cette liste du mois devrait vous tenir occupés un bout de temps.

Comme indiqué dans le Night Sky User’s Guide, l’histoire de Coma Berenices – la Chevelure de Bérénice – a un semblant de vérité. Selon la légende, le roi Ptolémée a longtemps été absent, en guerre avec les Assyriens. Dans un sacrifice pour assurer son retour en toute sécurité, son épouse, la reine Bérénice, a coupé ses longs cheveux et les a posés sur l’autel du temple.
Dans la matinée, comme on pouvait s’y attendre, la chevelure avait disparu. Comme les prêtres devenaient de plus en plus nerveux quant à ce qui (ou qui) pourrait être sacrifié à sa place, l’astronome royal Conon de Samos sort tout le monde d’embarras, en prétendant que les dieux avaient accepté le don et avaient placé la chevelure dans le ciel de la nuit pour que tous puissent la voir.
La partie la plus séduisante de la Chevelure de Bérénice peut probablement être contemplée de la meilleure façon dans un petit télescope ou des jumelles. Je parle bien entendu de l’amas ouvert Mel 111.

Par une bonne nuit, en banlieue, vous devriez être à même de voir un fin halo de lumière juste près de la queue du Lion – c’est Mel 111, l’amas ouvert de Coma Berenices. Par des nuits transparentes, c’est une vue splendide qui s’offre à l’oeil, lorsque observé sous un ciel bien noir. Mais dès qu’on est en présence de la clarté d’une lune modérée ou avec avec une faible pollution lumineuse, je trouve Mel 111 presque invisible à l’oeil nu mais joli à voir dans des jumelles ou un petit télescope. Prenez juste soin d’utiliser de faibles grossissements car Mel 111 est plutôt étendu. Mesurant près de 5 degrés de diamètre, c’est quasiment 9 fois la taille de la Pleine Lune. Ses étoiles les plus brillantes sont de magnitude 4 et 5..

Si vous observez dans cette zone avec un petit télescope, prenez le temps de voir NGC 4559, NGC 4494 et NGC 4565.

Pour 4559 et 4494, dans un petit télescope, vous devrez vous contenter de juste pouvoir les repérer, mais 4559 vous récompensera de le regarder, et ce dans presque tout télescope, peu importe son diamètre. Utilisez des grossissements moyens, aux alentours de 2 mm de pupille de sortie, pour obtenir les meilleurs détails..
Si vous n’êtes pas familiers avec le concept de pupille de sortie, on la calcule en prenant le diamètre d’ouverture et en divisant par le grossissement. Par exemple, dans un télescope de 4″ (102 mm) un grossissement de 50x donnera une pupille de sortie de 2 mm.   Pour la plupart des objets du ciel profond, je trouve que les vues les meilleures se font avec une pupille de sortie de 2-3 mm.
En passant à un instrument de plus grand diamètre pour 4559, essayez d’observer une marbrure et une tache sombre juste à côté du centre.


NGC 4565 – Dean Rowe – 14″ Meade LX200GPS

Une des pièces maîtresses dans cette région du ciel, et certainement un objet que Messier a raté, c’est NGC 4565.
Dans les plus petits télescopes, cherchez une fine aiguille, comme une barre lumineuse. Dans un télescope de 4-8″, essayez d’utiliser un oculaire avec une pupille de sortie de 1-2 mm et cherchez l’allée centrale sombre. Je trouve que celle-ci est légèrement décalée par rapport au noyau central, et assez aisée à distinguer avec un 8 pouces sous un ciel noir. A mes yeux, ça ressemble plus au dessin d’Eric Graff qu’à l’image superbe de Dean Rowe ci-avant. L’image DSS à gauche est très semblable à ce que je vois dans un télescope de taille moyenne.
Si vous participez à des observations de groupe (star party) cet été, faites-vous un plaisir – rendez-vous vers l’instrument du plus grand diamètre que vous puissiez trouver et demandez à voir 4565. Si l’objet est impressionnant aux ouvertures moyennes, c’est époustouflant dans un instrument de grand diamètre. Je lui trouve une ressemblance évidente avec NGC891 – un objet favori du ciel d’automne. Je parie que sous un bon ciel, avec des jumelles assez conséquentes et un peu de travail, vous pouvez le repérer sans télescope.

On sera de retour dans cette région pour l’objet-défi, mais pour l’instant dirigeons-nous vers la région d’Alpha Comae.

M53 – Jason Blaschka – Star HOC 8″ F4,  monture GP

Il y a deux objets réellement dignes d’intérêt dans cette région, M53 et M64. M53 est situé juste au nord-est de Alpha Comae (Diadème).  C’est une boule de coton dans un petit télescope, un plaisir dans un de taille moyenne et impressionnant dans un grand. En passant à des diamètres supérieurs et à de plus forts grossissements, prêtez attention à l’augmentation de résolution en étoiles tout à la fois dans la région centrale et sur les bords. Pour ce qui concerne la résolution en étoiles, les petits télescopes en montreront le moins, les moyens permettront de résoudre les bords de l’amas, avec une certaine granularité au centre, et les grands arriveront à résoudre tout l’amas. Les plus belles vues que j’ai eues, c’était avec mon Obsession de 18″ à environ 180x.
D’un autre côté, c’est tout aussi amusant de voir si on peut repérer ces objets de Messier dans des jumelles. Quel est le diamètre minimum pour les observer ? Dans mon cas, c’est avec une Pronto de 70mm – mes notes disent que je n’ai p
u voir d’indice d’une quelconque résolution en étoiles, à quelque grossissement que ce soit.
Tant qu’on y est, vous voudrez peut-être également passer quelques minutes à la recherche de NGC5053 – (j’appelle cet objet « Le Fantôme »).
Stefan Van de Rostijne m’a envoyé un courriel pour décrire son observation de 5053 – « C’était il y a quelques d’années, peut-être 3, dans les Alpes du Sud, en France, sous un ciel de magnitude 6.5 – 7 et avec une atmosphère très transparente (altitude 1200 m ). Je l’ai vue dans mon dobson de 12.5″ à  100-120x ou presque. Ce fut la première et seule fois que je l’ai vue, un amas très épars avec de très faibles étoiles, je me demande si certaines dépassent la magnitude 13. C’est difficile d’imaginer là un amas globulaire. Il n’est pas très éloigné de M53, est facile à localiser, mais ici en Belgique je ne l’ai jamais vu. »
Dites-moi si vous le trouvez, et avec un télescope de quel diamètre.


M64 – Todd Rogelstad – Meade LXD75 SN10

L’autre vrai joyau dans cette région, c’est M64 – la galaxie « Black Eye », l »Oeil Noir ». Située à un degré à l’ONO de l’étoile de magnitude 5 35 Comae, elle est spectaculaire quelque soit la taille du télescope ou presque. Lors de bonnes nuits, j’ai pu discerner la partie assombrie de M64 dans un télescope de 80mm (je ne l’ai pas vue dans un 70mm) mais de mon expérience, les plus grands télescopes la montrent bien mieux. Tout le monde n’est pas de cet avis.  Mallas (auteur du livre The Messier Album), prétend que l' »Oeil Noir » est facile à voir dans un 2.4″, et un 4″ mais qu’il est peu mis en valeur dans un 8″,  et qu’un 12.5″ ne le montre bien vraiment qu’à grossissements modérés. Cette galaxie est un point obligé pour mon 18″, et mérite des heures d’investigations à elle seule. Pointez n’importe quel téléscope vers cet objet céleste, et jugez par vous-mêmes. Quelle influence a l’ouverture sur la vision que vous en avez ? Et si on changeait de grossissement ?
Avant de passer au reste du programme de ce mois, je vais être être obligé de vous présenter mes excuses car je voudrais vous suggérer d’imprimer quelques-unes de ces cartes de repérages qu’on peut trouver gratuitement sur internet pour cette région du ciel. L’amas de la Vierge compte quelque 2000 membres, et l’amas en lui-même se trouve à environ 55 millions d’années-lumière de nous et s’éloigne à la vitesse de 1100 km/s, même si divers membres sont à des distances et ont des vitesses un peu différentes. Le Groupe Local – l’amas de galaxies auquel appartient notre propre Voie Lactée – est attiré vers le centre de l’amas de la Vierge.  En termes intergalactiques, ces galaxies sont relativement proches, et il y en a BEAUCOUP. Comme tout observateur expérimenté vous le dira, c’est bien trop facile de se perdre dans cette région de l’espace. Soyez prêts. Je vous recommande les outils suivants – tous gratuits :
Cartes du Ciel – Patrick Chevalley

http://www.stargazing.net/astropc/

HNSky – Han Kleijn

http://www.hnsky.org/software.htm

Ou, au minimum, jetez un oeil sur les cartes gratuites suivantes (toutes faites)
The Mag-7 Star Atlas Project – Andrew Johnson

http://www.cloudynights.com/item.php?item_id=1052

Maintenant dirigeons-nous vers la frontière avec la Vierge – avant d’aller plus en avant dans les profondeurs du super-amas: passons un moment avec NGC 4147…

Pour celui-ci, je dois dire immédiatement qu’il m’a échappé dans mon télescope de 4″. En fait, la seule fois que j’ai réussi à le voir, c’est dans mon 18″. Ca ne veut pas dire qu’il n’est pas visible avec des instruments de plus faible diamètre – juste que dans mon 4″ ça n’a pas été possible, et que je n’ai pas eu l’occasion d’essayer autre chose que mon 18″. Je soupçonne qu’il devrait être accessible avec un 6″ ou un 8″, et facile avec un 10″. Dites-moi avec quel diamètre minimum vous avez réussi à le voir. Dans le 18″, je le trouve joli, mais assez peu remarquable en tant que globulaire. Il me rappelle certains amas globulaires de Messier, quand ils sont vus en été dans les télescopes de taille modeste. Ce qui le rend remarquable, c’est son rôle de sentinelle du ciel profond. A partir d’ici , tout devient extragalactique.
Attachez vos ceintures, ça va être une course intéressante.
D’ici, passons à M85.

M85 est un très joli objet (si ce n’est qu’il est fort homogène) pour celui qui possède un petit télescope.  O’Meara (auteur de The Messier Objects) note une teinte légèrement bleutée et un indice de structure spirale. Je n’ai jamais observé ceci dans un petit télescope, mais, d’un autre côté, je n’ai pas ses yeux, pas plus que je n’observe d’un volcan au milieu du Pacifique Sud ! Jetez un oeil  avec le plus gros télescope auquel vous pouvez avoir accès et voyez ce que vous pouvez voir.
Dans le même champ photographique, vous noterez une jolie petite spirale barrée. C’est NGC 4394.  Ce devrait être un objet relativement facile pour un petit télescope – l’objet est lumineux et concentré – mais une chose que j’ai constatée avec ces objets, c’est qu’ils ont tendance à disparaître lorsqu’on veut vraiment les regarder . Après avoir passé du temps sur M85, cherchez un petit ovale lumineux juste à l’est. La photo devrait vous y aider.

NGC 4450 est un bel objet pour un télescope de 8″, et montre une partie significativement plus brillante en son centre. Des télescopes plus grands montreront une certaine marbrure.

Passez-y quelque temps et expérimentez différents grossissements. Y a-t-il des détails qui apparaissent ? Quels grossissements vous apportent les meilleures vues ? A quelles pupilles de sortie correspondent-ils ?

Et s’il a l’air assez peu impressionnant à l’oculaire, regardez  cette superbe image d’Adam Block sur Spiral-Galaxies.com.


M100 – Todd Rogelstad – Meade LXD75 SN10


Ensuite, nous avons M100. Cette spirale se trouve à 55-60 millions d’années-lumière de nous (comme le reste de l’amas) et est vue de face – elle a un diamètre comparable à celui de notre propre galaxie. Que les images ou les magnitudes publiées ne vous trompent pas – j’ai toujours trouvé que M100 se prête peu à l’observation par les amateurs (du moins avec un télescope de taille moyenne)  et peut même être difficile à localiser.

Comme toujours avec une galaxie vue de face, la lumière se disperse sur une surface relativement large, alors que lorsqu’elle est de côté, elle se concentre sur une surface plus faible. En deux mots, on dit qu’elle a une faible  luminosité surfacique. Que ce petit fait ne vous empêche pas de la regarder ce mois-ci.


M99 – Jason Blaschka – Star HOC 8″ F4,  GP mount


A moins de deux degrés au SO, vous trouverez M99. Visuellement, je trouve M99 plus agréable à observer que M100. Avec un 4″, je vois une lueur ovale, avec des indices de bras spiraux, ou du moins une marbrure distincte. Depuis un site moyennement noir, j’ai identifié de faibles bras spiraux avec mon télescope de 8″. Dans mon 18″, ils sont stupéfiants. C’est un merveilleux objet pour un télescope de grand diamètre.
Une chose à méditer en regardant des galaxies spirales comme M99 et M100 dans des petits télescopes – ne ressemblent-elles pas plus ou moins à des comètes, comparées à leurs autres compagnons galactiques ?
A un peu plus d’un degré à l’ONO, on trouve M98.

C’est une spirale vue de côté qui s’approche de nous à 125km/s (ceci contraste avec le super-amas qui s’éloigne de nous à 1100km/s) avec pour conséquence que c’est une des rares galaxies du ciel nocturne qui présente en fait un décalage vers le bleu à la place du traditionnel décalage vers le rouge. Comme beaucoup de galaxies dans le super-amas de la Vierge, elle se trouve à approximativement 55-60 millions d’années-lumière.
Puisque M98 se présente de côté, elle est un peu plus accessible à l’amateur disposant d’un petit télescope que certains des objets précédents. M98 est certainement plus lumineuse que les objets dont on vient de parler.
O’Meara, observateur expérimenté (auteur de The Messier Objects) note qu’à 23x dans son réfracteur 4″, l’objet évoque un croiseur de bataille Klingon. Si vous n’arrivez pas à la même conclusion avec votre petit télescope, ne vous faites pas de bile – mais utilisez un plus grand diamètre et des cieux plus noirs.
Si votre télescope est à large champ, utilisez votre plus faible grossissement, et vous devriez pouvoir observer ces trois galaxies dans le même champ – M98, M99, et M100.  J’y suis arrivé avec un réfracteur de 70mm, et c’était une jolie vue.

Maintenant dirigez-vous vers nos deux derniers objets (mis à part ceux de nos « objets défis ») – M88 and M91
Mallas (The Messier Album) juge M88 « grand dans le réfracteur  4″ de Mallas »  avec une texture de surface assez lisse et une luminosité inégale. Dans mon 4″, j’avoue que je ne suis pas impressionné. Comme beaucoup d’objets dans Coma, je trouve que celui-ci peut offrir le meilleur mais avec des diamètres un peu plus grands que celui d’un amateur typique, celui qui possède un petit télescope.
Plusieurs observateurs ont émis des commentaires sur sa similitude avec M31 – la grande galaxie d’Andromede – malheureusement, cette ressemblance m’échappe, tout simplement. Consacrez-y quelques minutes à votre prochaine sortie et dites-moi ce que vous en pensez.
Le dernier objet pour ce mois qui ne représente pas un défi est quelque peu mystérieux. Pendant de nombreuses années, M91 (NGC 4548) a été considéré comme l’objet manquant de Messier. On a suggéré que c’était un doublon de M58, une erreur survenue en notant sa position, voire une vraie comète !
Dans Messier and His Catalogue (un chapitre dans l’ouvrage de Mallas et Kreimer, The Messier Album) Owen Gingerich du Harvard Smithsonian Center for Astrophysics conclut que M91 est en effet un doublon de M58. Mais (selon O’Meara) l’explication probablement la plus répandue qui ait été avancée est celle du numéro de décembre 1969 de Sky and Telescope, donnée par W.C. Williams – c’est-à-dire que Messier a probablement fait une erreur à la fois dans la position et dans  le tracé.  Williams a corrigé ceci et a trouvé NGC 4548 à la position indiquée.
Dans mon réfracteur 4″, je trouve que M91 est assez étendue à 70x, mais faible et plutôt difficile à  distinguer dans des conditions qui ne seraient pas idéales. Vous, qu’y voyez-vous ?
L’objet défi – HCG61
L’amas de galaxies Hickson (The Box), consiste en 3 galaxies qui sont en interaction, et d’un objet à l’avant-plan (NGC 4173) qui ne leur est pas physiquement associé.  Depuis le haut, puis dans le sens horlogique, on a NGC 4173, NGC 4169, NGC 4174 et NGC 4175.  SkyTools donne pour magnitude de l’amas cluster (ou du moins pour son membre le plus lumineux) la valeur 11.1.  Je soupçonne que les membres de ce groupe peuvent être accessible à un télescope de 6-8″ sous un ciel noir, mais je n’ai pas eu l’occasion d’essayer.
Dans le 18″, il ressemble fortement à l’image DSS à droite. Si les quatre membres sont visibles dans le 18″, je considère que 4169 est le plus évident et 4173 le moins –  même s’il est le plus grand, il a aussi la luminosité surfacique la plus faible, ce qui n’est pas une surprise quand on regarde l’image. Etant donné la difficulté à voir 4173, un amateur contemplant « The Box » dans un petit télescope sera tenté de l’appeler « le Triangle » !

 

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