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Les petites merveilles : Le Dauphin et le Petit Cheval

Deux nouvelles constellations en provenance du GAS.

Traduction: P. Henrotay

La version originale de cet article (en anglais) se trouve sur le site de CloudyNights.

Un document PDF (en anglais) est disponible ici.


Carte de repérage

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Une Target List SkyMap Pro pour ces objets est disponible.
Note pour Toadstool : la galaxie NGC7025 est utilisée pour déterminer sa base.


Un dauphin et une bien bonne


Voilà une région du ciel bien pauvre pour ceux qui sont uniquement intéressés par les objets brillants. Pour les petits télescopes, il y a quelques jolis objets du ciel profond dans le Dauphin, mais fort peu dans le Petit Cheval. En fait, pour les petits télescopes, la seule chose que le Petit Cheval ait à offrir, ce sont quelques jolies étoiles multiples. Mais, pour paraphraser Walter Scott Houston (auteur du livre « Deep-Sky Wonders »), il y a toujours quelque chose à trouver, même dans la région la plus désolée du ciel.
Alors qu’il y a au moins trois histoires différentes pour vous expliquer comment un Dauphin s’est retrouvé dans le ciel nocturne, vous trouverez peut-être plus intéressante cette historiette qui tourne autour de celui que nous appellerons  Nicolas Lechasseur. Quelque chose qui est plutôt du style « elle est bien bonne celle-là », une énorme contrepèterie stellaire.
Vous connaissez Nicolas Lechasseur ?
Les étoiles ont parfois un sens caché. Prenez par exemple Alpha et Beta Delphini.
Sualocin and Rotanev.
Drôles de noms, pas vrai ?.
Ces dénominations apparaissent pour la première fois en 1814 dans le Catalogue de Palerme, et sont restées pendant bien des années un mystère.
C’est l’astronome anglais Thomas Webb qui finalement a élucidé le mystère. Il a remarqué qu’en écrivant ces noms à l’envers, on obtenait Nicolaus Venator –
la forme latinisée de Niccolo Cacciatore, l’assistant puis successeur (1817) de l’astronome italien Giuseppe Piazzi à l’Observatoire de Palerme. Niccolo Cacciatore (en français – vous l’aurez deviné – Nicolas Lechasseur) est la seule personne qui ait jamais réussi à donner son propre nom non pas à une mais à deux étoiles !
Et tandis que vous parcourez le Dauphin et ses charmes cette nuit, appréciez aussi le sens de l’humour de Nicolas Lechasseur. J’ai souvent trouvé amusant que Cacciatore ait choisi le Dauphin pour cette calembredaine – après tout, les Dauphins sont connus pour avoir un certain sens de l’humour.

 


 

Une double et une triple dans le Dauphin

Commençons par une paire d’étoiles multiples qui sont faciles à trouver dans le corps central du Dauphin. D’abord prenons la direction de Gamma Del au bout du nez du dauphin. Dans ma TV102 à faible grossissement, je vois deux étoiles aux teintes dorées, celle au nord étant un peu plus faible. On la dédouble facilement à 36x, et même probablement à 22x, mais si vous augmentez le grossissement, vous serez surpris : une des composantes devient manifestement bleue/verte tandis que l’autre reste dorée.
Maintenant dirigeons-nous en suivant une diagonale descendante vers la partie opposée du corps du dauphin. Juste au NO Beta se trouve STF2703. Facile à trouver, elle se dédouble aisément à 36x, mais de plus forts grossissements montrent un peu mieux un petit triangle obtus. Observez les couleurs – deux étoiles rougeâtres, et une de teinte bleu-blanc.
Petit avertissement sans frais : pour la suite des objets de ce mois, ça sera un peu plus dur.


NGC 6934 – Bonjour aux amas globulaires !

Pour le reste de nos objets de ce soir, nous allons devoir sauter d’étoile en étoile, de façon assez simple.

Pour notre premier objectif, nous allons nous diriger vers la queue du dauphin, puis encore nous déplacer directement vers le sud d’une longueur de queue.
Une fois arrivés dans cette zone, commencez à scruter celle-ci avec de faibles grossissements et partez à la recherche de l’amas globulaire NGC 6394.
C’est une boule de coton qui ne montre aucune résolution en étoiles dans des lunettes de 85 ou 102mm, mais l’objet est plutôt grand et lumineux. Un télescope de 15″ à 170x montre une abondance de détails et peut résoudre l’amas en étoiles à la périphérie, tandis qu’à 313x l’amas commence à être résolu jusqu’au centre. En fait, la vue dans un 15″ me rappelle à quoi M13 ressemble dans un bon 4″ par une nuit correcte.


 

NGC 6905 – Le Flash Bleu


Allons-y pour la leçon #2 de saute-étoiles. A présent, mentalement, relions delta et alpha delphini comme indiqué sur la carte ci-dessus, et déplaçons-nous d’environ 5x la distance delta/alpha. Une fois dans cette zone, vérifiez en comparant avec les dessins ci-dessus en utilisant un oculaire à faible grossissement ou votre chercheur, et voyez si vous êtes bien au bon endroit. Il vous faudra un petit peu de patience, mais n’abandonnez pas. Souvenez-vous aussi de ce que, selon l’instrument dont vous disposez, la vue sera peut-être inversée de gauche à droite, ou de haut en bas, voire les deux ou pas du tout.

Découverte en 1782 par William Herschel, cette nébuleuse planétaire est, de façon surprenante, accessible même aux petits télescopes. Par une nuit bien noire, je l’ai repérée avec un 85mm et, s’il n’y a pas grand-chose à en dire, il est évident qu’il y a bien quelque chose à voir là. Habituellement, depuis mon site qui est relativement noir, il faut bien un 4″ ou plus pour voir quelques détails, et elle est plutôt faible. De plus gros instruments la rendent spectaculaire : dans le 15″, elle montre une structure semblable aux photos ci-dessus – un ovale irrégulier à l’intérieur d’un trapèze. C’est un joli objet lorsqu’on dispose d’un instrument de bonne taille et d’un ciel noir.
Tâchez de voir une faible brume dans un ensemble d’étoiles assez facilement reconnaissable, comme indiqué dans ces images – trois des étoiles marquantes sont reconnaissables dans un télescope de 4″. Prenez soin d’utiliser la vision décalée.
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Gary Gibbs l’a observée dans son SCT de 10″ avec un amplificateur d’images Collins I3 depuis un site sujet à la pollution lumineuse, et note « …l’objet était très difficile à voir. Ceci en vision directe. Je l’ai vu en utilisant  l’I3 et en vision décalée… » Comme vous pouvez le voir dans cette petite image, Gary a eu plus de succès en le photographiant.
Si vous observez 6905 avec un plus gros télescope, essayez de monter en puissance – peu importe les conditions de seeing. Je trouve que la plupart des plus belles vues des nébuleuses planétaires résultent de grossissements de 400-500x dans mon 15″ (ou plus). Les planétaires sont des objets pour lesquels on peut défier les lois relatives aux grossissements sensés.
C’est aussi le bon moment de sortir les filtres UHC ou OIII, car les planétaires se prêtent très bien à ces outils sophistiqués.


French 1 (The Toadstool – le Champignon)

 

Pour celui-ci, tracez mentalement une ligne entre gamma et alpha del, puis étendez cette ligne environ 2.5x depuis le corps du dauphin et juste un peu au sud : vous découvrez alors French 1 – le Champignon de Sue French (ToadStool).  C’est un très joli astérisme situé à l’extrême est du Dauphin (B. Alessi l’a découvert de façon indépendante et note que les mouvements propres des étoiles les plus brillantes sont quasi identiques, de sorte qu’il pourrait s’agir en réalité d’un amas ouvert – cf « Star Clusters », de Archinal et Hynes).
Alors que French note que la meilleure vue est obtenue aux grossissements modérés, je trouve que l’amas est joliment cadré et facile à trouver à faible grossissement (22x) dans un télescope de 4″.  J’ai vu 10 – 11 étoiles dont le contour prend la forme de champignon de façon assez évidente, avec la coupelle pointant vers le sud, et je trouvais que les meilleures vues étaient obtenues dans un 30mm à large champ, soit à 27x et avec un champ de 3 degrés environ . La galaxie à la base de ce champignon céleste est NGC 7025 – de magnitude 12.9, et de taille 1.9′ x 1.2′ – quel est le plus petit télescope dans lequel vous pouvez distinguer 7025 ?
Je trouve que ceci est un des meilleurs objets de la région, facilement visible dans un petit télescope. Et bien qu’il paraisse un peu petit et faible d’éclat, je me demande si quelqu’un a déjà réussi à le voir dans des jumelles.


Quelques doubles pour un poulain

 

Avec pour seule étoile vraiment brillante Kitalpha, qui brille avec la modeste magnitude 3.97, Equuleus (le Petit Cheval) peut s’avérer difficile à trouver, et encore plus à visiter.  Vous aurez peut-être envie de balayer cette zone avec des jumelles pour avoir une idée de l’endroit où se situent ses quatre plus brillantes étoiles et vous familiariser avec cette région. Je trouve que le chercheur est une grande aide pour s’y retrouver dans de pareilles situations.
Mais soit, il y a dans cette région désolée au moins trois étoiles doubles qui méritent la visite avec un petit télescope..
Gamma Equulei:   une double à composantes bien séparées et brillantes; utilisez de faibles grossissements – facilement séparée à 22x dans un 4″. Il est probable qu’elle soit facilement résolue avec des jumelles, mais je n’ai jamais essayé. Faites un essai et dites-moi quoi.
STF 2742:  observée pour la première fois par F.G.W Struve en 1831, voici une double bien plus serrée que la précédente. A 36x, aucune séparation n’est visible. A 200x, on dirait deux yeux qui vous regardent depuis le fond de l’espace.
1 Equulei (STF 2737) – Deux étoiles aux teintes dorées dans mon 4″, l’une bien plus brillante que l’autre. Je trouve que le meilleur grossissement est d’environ 200x.


 

Objet défi : NGC 7006

C’est quasi de l’injustice de vous proposer un objet défi ce mois-ci. Si vous avez suivi jusqu’ici, vous avez trouvé des objets bien plus difficiles que dans tous mes articles précédents. MAIS… voici un objet plutôt intéressant et qui mérite un détour si vous pouvez le trouver. A une distance de 1850000 années-lumière, NGC 7006 est un des amas globulaires les plus lointains qui soient associés à notre galaxie.
Dans un télescope de 4″, c’est un objet difficile, c’est le moins qu’on puisse dire. Par une nuit superbe, j’ai trouvé qu’à  36x en vision directe, je pouvais le suivre seulement 70% du temps. Dans un 15″, mes notes disent que j’ai pu voir quelques étoiles à l’avant-plan, et ce aux plus forts grossissements.


 

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Un commentaire

  1. Super, dès que le temps le permet, j’essayerai les quelques amas globulaire et la planétaire.

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