• ASTROLABO EST HEBERGE MAINTENANT PAR ASTROSURF grâce à Jean-Philippe Cazard.

    Merci à Bernard, Mathieu, Hervé, Eric, Pierre L., Régis, Jean-Noël, Anthony, Pierre, Jean-Sébastien et Lionel POUR LEUR DON.

Affiché 522 fois

Les petites merveilles : la Lyre

Vite avant qu’elle ne soit plus observable.

Carte d’ensemble

image


La Lyre, comme la plupart des constellations, a représenté bien des choses différentes au cours des âges. Aujourd’hui, nous la voyons effectivement comme une Lyre : un instrument à cordes, similaire à la harpe, et qui fut confié à Orphée – le musicien des Argonautes menés par Jason. Sur d’anciennes cartes du ciel, vous pourrez trouver la Lyre représentée comme une tortue ou un vautour. La Lyre abrite la cinquième plus brillante étoile du ciel – Véga,  un pur joyau qui brille au sommet de la Lyre. Véga, avec Deneb du Cygne et Altair de l’Aigle forme un des astérismes (un groupe d’étoiles bien reconnaissables) les plus connus du ciel d’été – le triangle d’été.


Véga, Kappa et la Double Double

Nous commencerons par l’étoile la plus facilement reconnaissable de la constellation. De magnitude 0.3, Véga est dépassée en éclat par Sirius, Canopus, Alpha Centauri et Arcturus seulement . A cause de la précession des équinoxes (le mouvement en toupie de la Terre de son axe de rotation), Véga a été notre étoile polaire il y a quelque 14000 ans, et le sera à nouveau dans un lointain futur. Pour ce soir, jetons juste un œil sur sa couleur, d’un blanc pur.
Si vous utilisez une lunette, Véga est un test parfait de sa correction chromatique. Un instrument achromatique montrera Véga avec un halo jaune/vert, tandis qu’un instrument apochromatique la montrera absolument blanche. Ces « fausses couleurs » sont dues au design du réfracteur, et témoignent de son « aberration chromatique ». Ne vous alarmez pas si votre instrument n’est pas absolument parfait. La plupart sont ainsi. De plus, il y a d’autres facteurs autres que l’optique du télescope qui induisent une fausse coloration. Il est même possible que, à l’occasion, vous distinguiez une touche de fausse coloration dans votre réflecteur !


Kappa, Vega et la Double Double – Carte de repérage

Ensuite faisons un voyage rapide de cinq degrés à l’OSO vers Kappa Lyrae, une étoile jaune pâle de magnitude 4.33. Dans des jumelles ou dans un télescope à large champ, vous pourrez peut-être voir à la fois Véga et Kappa dans le même champ. Prenez un moment et comparez les couleurs de ces deux étoiles. Kappa est de classe spectrale K, ce qui veut dire qu’elle est de couleur jaune-orange et qu’elle est d’une température entre 3950 et 5250 degrés Kelvin. (Ceux d’entre vous qui ne se sont pas endormis dans leurs cours de physique se souviendront peut-être du moyen mnémotechnique pour retenir les classes spectrales : O Be A Fine Girl Kiss Me. Et bien, on a ajouté depuis lors L et T à leur suite.) Véga est de classe spectrale A, qui est caractérisée par sa couleur blanche et par une température de surface de 7100 – 9500K, donc bien plus chaude que Kappa.
Maintenant passons à Epsilon Lyrae – la Double Double (E1- m5.6/m6.02, E2 – m5.14/m5.37). C’est un objet classique du ciel d’été pour les petits télescopes. Comme son nom l’indique, c’est une étoile double dont les composantes sont elles-mêmes doubles ! Beaucoup d’amateurs utilisent la Double Double comme test pour leurs télescopes et leurs yeux en déterminant quel grossissement minimum leur permettra de séparer Epsilon en ses composantes. Pour les composantes éloignées, c’st facile ; pour les proches, un peu plus dur. Dans mon cas, mon meilleur résultat c’est 66x, et j’ai reçu des comptes-rendus d’amateurs pour qui c’était aussi peu que 57x, même si le grossissement de 80x est plus répandu. Quel est le grossissement minimum pour vous ?


Delta Lyrae


Delta Lyrae au chercheur

Ensuite continuons dans le sens antihorlogique notre visite de la constellation et jetons un œil sur Delta Lyrae, une étoile multiple colorée. Ici il y a un joli contraste entre ses composantes à voir dans des petits télescopes ou des jumelles.  Delta 1 (m5 / spectral class B) apparaît comme orange pâle tandis que Delta 2 (m4.5 / spectral class M) est de couleur bleu-blanc pâle. Regardez plus attentivement Delta 2, et vous observerez qu’elle aussi a un faible compagnon (11+ m) – deux en fait !

Et tant que vous êtes dans cette région, vous pourriez aussi jeter un œil sur l’amas ouvert Stephenson 1, très peu dense (15 étoiles environ, mag 4-10). Pouvez-vous le voir ?


M57 – La « Ring Nebula »


M57 au chercheur

Continuons à parcourir la constellation : notre prochain arrêt est une véritable pièce maîtresse du ciel nocturne – NGC6720, mieux connue sous le nom de M57 (m9.7) – la « Ring Nebula », la nébuleuse de l’Anneau.
M57 a été découverte en janvier 1779 par Antoine Darquier de Pellepoix. Cette nébuleuse est la deuxième nébuleuse planétaire à avoir été découverte – la première étant M27. Selon le site web du SEDS, Charles Messier a trouvé et répertorié M57 quelques jours seulement après Darquier. Messier l’a décrite comme une nébuleuse peu intense mais aux contours nets, aussi grande que Jupiter et  ressemblant à une planète évanescente. Ce pourquoi Messier inventa le terme « Nébuleuse planétaire ».
Même si j’ai pu discerner la nébuleuse dans des jumelles15x70, on n’appréciera réellement sa structure qu’avec un petit télescope et à grossissements moyens (80x-120). Comme la plupart des nébuleuses planétaires, M57 a une très forte luminosité surfacique et supporte bien les forts grossissements. Donc n’hésitez pas à monter en puissance et voyez si – et de quelle manière – son apparence change en grossissant plus.

Un autre défi pour les amateurs, c’est d’essayer d’identifier l’étoile centrale de ce merveilleux objet du ciel d’été. Même si sa magnitude est estimée à plus ou moins 14, elle est en fait bien plus difficile à voir qu’on ne peut le croire. Même s’il y a quelques spéculations sur la possibilité que cette étoile centrale soit variable, la plupart des astronomes pensent que l’espèce de brume qui est associée au centre de la structure de l’anneau peut réduire le contraste et par là diminuer son éclat. Le plus petit télescope dans lequel j’ai pu voir l’étoile centrale est un 10″ à f7.5 en utilisant un grossissement absurdement élevé (700x). Jusqu’à présent, vous aurez noté que la plupart des astronomes utilisent de faibles grossissements – et c’est généralement le cas pour la plupart des observations. Mais il y a parfois des moments où il faut déroger à cette règle, en fonction du seeing et de l’objet considéré. C’est la cas avec les nébuleuses planétaires. Essayez de grossir un peu – vous serez surpris du résultat !


M56


M56 au chercheur

M56 (NGC 6770) est l’objet suivant de notre circuit, situé approximativement à mi-distance entre Sulafat (Gamma Lyrae) et Albireo (Beta Cygni).
Découvert par Messier le 23 janvier 1779, ce dernier décrit l
‘objet comme « nébuleuse sans étoiles ». Bien des années plus tard, la plupart des amateurs ne prétendraient certainement pas que ce soit bien le cas. Même s’il n’est pas un amas globulaire aussi splendide que M5 ou M13, M56 et est certainement  un joli membre de la Lyre, et c’est le seul autre objet de Messier dans la constellation.
Avec une magnitude de 8, M56 est un objet facile dans des jumelles si on sait où regarder, mais c’est dans un télescope qu’il apparaîtra le mieux. Sa luminosité surfacique relativement élevée fait qu’il acceptera d’être vu à des grossissements modérés à élevés (150x-200x) dans vos essais à résoudre l’amas. Si vous avez accès à des télescopes de diverses ouvertures, c’est un bon sujet d’expérimentation pour voir les effets d’un changement de diamètre. Quel est le plus petit télescope dans lequel l’amas commence à être résolu en étoiles individuelles ? A quel grossissement ?

Tandis que vous changez le grossissement, soyez attentifs à l’apparence de granularité au bord de l’objet, et au centre qui peu à peu se dévoile en étoiles individuelles. Dans les télescopes de 8″ et plus, cet amas globulaire offre une vue superbe.


L’objet défi : NGC6765


NGC6765 au chercheur

Et enfin voici l’objet défi pour ceux qui veulent pousser aux limites leur équipement et tester leur site et leurs talents, NGC6765.
Classé comme nébuleuse  planétaire par Rudolph Minkowski en 1946, cette petite nébuleuse peu lumineuse se trouve au 1/4 du chemin entre M56 (NGC 6779) et Sulafat (Gamma Lyrae) et peut être difficile à trouver dans un télescope de 8″ sous un ciel convenable. Il est répertorié de magnitude12.9 (toutes les indications de magnitude sont à prendre avec prudence) et a une étoile centrale de magnitude 16. Des rapports d’observation indiquent que l’objet est un peu allongé selon l’axe NE-SO et qu’il y a une étoile de magnitude 14 juste au NE.
C’est un objet petit et faible, donc utilisez de forts grossissements et un filtre OIII ou UHC (si possible) pour améliorer le contraste et augmenter les chances de le trouver. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas ces filtres: il s’agit de filtres spéciaux qui sont faits de façon à laisser passer seulement certaines longueurs d’onde. Les nébuleuses planétaires sont particulièrement adaptées à l’utilisation de filtres OIII, mais si vous avez un petit télescope, vous devriez peut-être plutôt considérer l’utilisation d’un filtre UHC.

Un autre truc lorsqu’on est à la recherche d’objets ténus, lorsqu’on pense l’avoir dans le champ mais qu’il est difficile à voir, c’est d’appliquer une légère tape sur le télescope pour le faire bouger très légèrement. Très souvent, ceci aidera à mettre l’objet en évidence.

Utilisez la carte ci-dessous pour identifier correctement le champ de vision. Les étoiles les plus faibles sont de magnitude 15-16 tandis que les plus brillantes sont de magnitude 10 environ.

NGC6765 à l’oculaire

Si vous arrivez à le trouver, bravo, vous méritez de vous féliciter vous-même !

.

par Tom Trusock

Traduction: P. Henrotay

.

Télécharger  Les petites merveilles - La Lyre - pdf (104 téléchargements)  – 1,4 mo

.

source

Laisser un commentaire