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Les petites merveilles : Le Petit Renard et la Flèche

Suite de la série commencée il y a quelques mois. Ces traductions sont assurées par P.Henrotay du GAP.

La version originale de cet article (en anglais) se trouve sur le site de CloudyNights.

Ce mois-ci, je vous propose de regarder deux petites constellations : le Petit Renard (Vulpecula) et la Flèche (Sagitta).  Voilà bien deux noms faits pour aller ensemble, mais après quelques recherches, on trouvera que, si la Flèche est bien connue depuis des milliers d’années, le Renard est lui une création assez récente.
La constellation du Petit Renard s’est d’abord appelée Vulpecula et Anser, « le petit renard et l’oie », et est due à l’astronome du 17ème siècle Johannes Helvenius pour combler un trou dans les cartes du ciel de l’époque. Connue aujourd’hui sous le nom de Vulpecula (le Petit Renard), on en déduit que l’oie a dû servir d’en-cas – tout ce qu’il en reste, c’est Alpha Vulpeculae (dénommée l’Oie) coincée entre les dents comme le reste d’une bouchée.
C’est trop tard pour songer à sauver l’Oie.
Et si c’est trop tard pour sauver l’oie, pourquoi abattre le renard ? Car il y a bien un archer inconnu qui est en train de viser celui-ci.
En fait, si on remonte la ligne du temps, c’est un peu le problème de la poule et de l’oeuf. De façon évidente, puisqu’elle a été tirée avant que le renard entre en scène, la flèche ne peut viser le petit renard. Qui a décoché la flèche ? Et vers quoi ? Si on jette un oeil sur la Voie lactée, il y a bien un archer céleste – mais à moins d’être un très mauvais tireur, ce n’était certainement pas le Sagittaire – il regarde dans la mauvaise direction.  Continuons à scruter le ciel : il y a un autre suspect possible, à l’ouest – Hercule.  Mais si c’est Hercule, vers qui tirait-il ? Si pas le renard, il nous reste deux cibles  possibles, soit l’Aigle (Aquila), soit le Cygne (Cygnus). Tous les deux viennent de prendre leur envol, sans aucun doute émus de cette attaque inattendue. Quelle que soit la cible finalement, il apparaît assez clairement que le pauvre Petit Renard n’aura rien à se mettre sous la dent avant longtemps.
Le Petit Renard et la Flèche se trouvent  à la frontière de la Voie lactée, et sont ainsi riches en amas ouverts et en nébuleuses planétaires. La Flèche renferme M71 – un amas avec une longue histoire de crise d’identité (plus à ce sujet plus loin), tandis que le Petit Renard abrite M27 et la spectaculaire association d’étoiles Cr399 – mieux connue sous le nom de Cintre (Coat Hanger).
En plus, cette zone du ciel héberge quelques objets en prise à une crise d’identité galactique, et certains se trouvent sur notre liste de ce mois. Un autre objet, qui n’est pas sur notre liste, c’est l’étoile de Merrill. Cet objet est classé de façon erronée dans la plupart des catalogues comme nébuleuse planétaire. En réalité, il semblerait que ce soit une étoile froide de type Wolf-Rayet avec une nébulosité associée, et que c’est donc un objet « jeune ». De façon intéressante, sa vitesse est considérable, et on pense aussi qu’il s’agit d’un objet qui nous fuit.

Carl Burton a fait un excellent travail en prenant l’image ci-dessus. Et Bill Warden m’a procuré celle qui suit :

Ce n’est pas vraiment un objet typiquement visuel – du moins dans un télescope d’amateur moyen. Mais si le coeur vous en dit, que ceci ne vous arrête pas. Vous ne savez jamais ce que vous allez découvrir avant d’y jeter un oeil. L’étoile de Merrill se trouve à 19h11m30.9s RA, +16 deg 51 minutes, 38 seconds DEC. Notez qu’il s’agit de coordonnées selon Epoch 2000.

Pour le reste de la zone, les objets intéressants abondent. Il y a quelque 69 nébuleuses planétaires, un étonnant nombre de galaxies (2030), 9 quasars (le plus lumineux est de magnitude 16.4) , 8 nébuleuses diffuses, 102 nébuleuses obscures, 21 amas ouverts, et 2 amas globulaires (tous les deux se trouvent dans notre liste de ce mois).
En fait, certains d’entre vous voudront probablement juste prendre des jumelles et se mettre à passer la région en revue.
Et pour les autres : on commence ?

Commençons donc avec un de ces bons vieux objets de Messier – M71.
M71
Très probablement découvert par Philippe Loys de Chéseaux en 1746, il a été catalogué par Messier le 4 octobre 1780.  Si vous lisez cet article en septembre, vous avez une chance de l’observer le jour anniversaire de son introduction par Messier dans son fameux catalogue !
Pendant longtemps, M71 a souffert d’une confusion d’identité fondamentale. On n’était pas trop sûr de ce que c’était. On lui avait d’abord trouvé la forme d’un amas ouvert, mais le jury n’était pas unanime : amas ouvert dense ou amas globulaire plutôt lâche ? La confusion a régné jusqu’aux années 50 et 60.
On est finalement arrivé à s’accorder et à arriver à un consensus général (grâce au réexamen du diagramme de Hertzsprung-Russel). M71 appartient aux amas globulaires associés à notre Voie lactée. Il est probablement assez épars car éloigné de nous de 13000 années-lumière. C’est en effet un des amas globulaires les plus proches de nous.
Je suis sûr que lui-même se trouve soulagé de savoir à quelle catégorie il appartient.

La photo de M71 par John Graham est une excellente approximation de ce que je vois dans un grand télescope.    J’ai toujours eu l’impression de voir un poisson scalaire, pouvez-vous le voir ou est-ce juste un effet de mon imagination débordante ?

J’ai observé M71 dans des télescopes d’ouverture aussi petite que 66 mm, et plusieurs personnes ont pu distinguer sa faible lueur dans des jumelles. De plus grands télescopes vont procurer une vue plus impressionnante, mais quel que soit l’instrument que vous utilisiez, voici un bien joli amas. J’ai trouvé qu’il faut un 80 mm pour commencer à résoudre les étoiles en périphérie.
Observant avec un 6″ depuis les ciels noirs de Californie, Eric Graff nous dit :

…cet objet, à 30x, apparaît comme une tâche nuageuse brillante, avec un poudroiement d’étoiles faibles, le tout dans un champ très riche. A l’ouest se trouve un groupe lumineux d’étoiles, qui comprend 9 Sagittae, de magnitude 6. Elles sont arrangées en forme de Y avec la fourche pointant vers le nord. La brume diffuse de H20 se trouve aussi dans cette vue à large champ de l’amas. A 60x, cet objet apparaît comme allongé du nord-nord-est au sud-sud-ouest, avec plusieurs étoiles visibles le long des bords, en particulier dans la direction de l’??élongation ainsi que à l’avant-plan de l’amas.  A 120x, M-71 montre une zone triangulaire brillante proche de son centre, pointant vers le sus-sud-ouest. L’amas est assez bien résolu sur toute la surface de l’amas, ce qui indique sa structure lâche en comparaison avec beaucoup d’autres amas de ce type. Un arc séparé d’étoiles brillantes au nord-est et une étoile brillante du côté sud de l’amas complète la scène vue à fort grossissement.

M71 luit avec la lumière de ses 6576 soleils.
Comme vous êtes dans le coin, jetez un oeil à 1/2 degré au sud pour observer Harvard 20, un amas ouvert plutôt lâche.
Maintenant, sortez vos petits télescopes et vos jumelles, le prochain objectif c’est Cr 399.
Cr 399

La photo de Keith Geary nous montre ce fameux groupe d’étoiles. Cr 399 a reçu plusieurs noms différents: l’amas de Brocchi, d’Al Sufi, et plus est plus communément connu comme le « Cintre » (Coat Hanger).
Brent Archinal et Steven Hynes ont une excellente section sur Cr 399 dans leur livre « Star Clusters », où ils notent que, d’un point de vue historique, on devrait probablement l’appeler l’amas d’Al Sufi, qui est l’astronome Perse qui l’a découvert au 10ème siècle ??AD. Al Sufi notait qu’il s’agissait là d’un « petit nuage situé au nord de deux étoiles du Petit Renard ». On suppose que les termes « Petit Renard » ont été ajoutés par le traducteur pour donner une position de référence car le Petit Renard n’est devenu une constellation à part entière que bien après.  « Star Clusters » indique encore que Brian Skiff a démontré que ce groupe était en réalité un astérisme plutôt qu’un réel amas de notre galaxie. Notre objet-défi pour ce soir ne se situe pas loin, nous y reviendrons donc par la suite.
Vous ne parvenez pas à y voir un cintre ? C’est parfois difficile d’isoler l’astérisme du reste du champ sans avoir une idée des tailles respectives. Si vous ne le voyez pas dans la photo ci-avant, essayez avec celle qui suit.

Pour voir le Cintre, il vous faut un télescope à large champ ou des jumelles. Le plus faible grossissement sera le plus approprié pour faire ressortir cet astérisme. Voici un objet qui effectivement se présente mieux dans les petits télescopes que dans les grands.
Phillip Creed nous dit ce qui suit à propos de l’amas d’Al Sufi :

Je me trouvais dans la partie SE de l’Ohio la nuit du 21/8/06 et j’avais amené mes jumelles 25×100. Le ciel était très transparent, avec un ciel bien noir (« vert » sur la carte Clear Sky Clock Light Pollution Map). 25x est à peu près la limite pour voir l’amas tout entier. Je ne m’attendais pas à le voir remplir tout le champ, mais c’était le cas !

Le jury n’est pas unanime quant à savoir s’il est possible d’en résoudre une partie à l’oeil nu. Evidemment, depuis un ciel bien noir, il est visible (il a été découvert à l’oeil nu), mais j’ai entendu plusieurs comptes-rendus d’observateurs qui seraient à même de distinguer quelques étoiles individuelles. Lors des meilleures nuits, je vois moi-même une légère tache lumineuse dans ce coin; mais je ne suis pas sûr que ce soit Cr 399 ou simplement une portion plus lumineuse de la Voie lactée. Jetez un oeil et jugez par vous-mêmes.
Tant qu’on y est, portez votre regard aussi juste à la limite orientale du Cintre, à peu près à 20 minutes d’arc. Vous y verrez NGC 6802 (ici un plus grand diamètre sera bien utile). Ceux d’entre vous qui seraient intéressés de savoir jusqu’où ils peuvent aller en magnitude feraient bien de consulter le livre de Luginbuhl et Skiff’s « Observing Handbook and Catalogue of Deep-Sky Objects », car il contient une jolie carte photométrique de 6802.
De là, déplaçons-nous de cinq degrés au nord-est et jetons un oeil sur NGC 6823.
NGC 6823

Voici un joli petit amas accessible à un petit télescope, et qui montre une belle concentration d’étoiles près de son centre. Si vous avez quelques difficultés à l’isoler du fond du ciel (ce qui est fréquent avec de nombreux amas ouverts), tâchez de voir un petit astérisme en forme de diamant a centre. La nébuleuse sur cette photo, c’est NGC 6820.  6820 s’étend sur une assez grande région autour de 6823 mais sera en général invisible pour l’amateur.  Ce pourrait être cependant un bon sujet pour l’astrophoto.
Maintenant, sautons de trois degrés directement vers l’est, pour trouver M27.
M27 – Dumbbell Nebula (« le Sablier » ou « les Haltères »)

Cette excellente photo de Marco Ciocca nous montre cet objet qui est spectaculaire dans n’importe quel télescope, et qui peut être vu facilement dans des jumelles. M27, mieux connu sous le nom de Nébuleuse Dumbbell, fut découvert en 1764 par Messier.  Le fait qu’il soit proche de nous (1250 années-lumière) et grand (diamètre ~1 année-lumière)  en fait une des plus grandes et plus brillantes nébuleuses planétaires de notre ciel nocturne.
Et maintenant, vous allez poser la question: « Mais où sont ces objets de Messier au juste ? »
Le livre « Where is M13? » de Bill Tschumy vient à notre rescousse !

Ci-dessus, on peut voir la position de M27 et de M71 par rapport à notre Système Solaire (le point orange). M71 est le point orange avec un cercle bleu autour de lui, et M27 est le point bleu avec une croix.
Tandis que nous les observons, prenons un instant pour passer de l’un à l’autre pour nous faire une idée de leurs dimensions respectives.
Dans un télescope de 4″, la nébuleuse montre sa forme typique de sablier, mais si on augmente le diamètre, elle se transforme en ballon de rugby ! Dans les plus petits télescopes, je n’ai jamais réussi à observer les étoiles qui se trouvent à l’avant-plan, mais elles deviennent assez évidentes avec un 8″ ou plus.  Quel est le diamètre le plus petit avec lequel vous pouvez distinguer ne fut-ce qu’une étoile de l’avant-plan ? Combien pouvez-vous en voir et avec un télescope de quelle taille ?
Essayez un filtre OIII ou UHC sur M27 et voyez le résultat.
Il semble qu’il y ait eu quelque controverse sur l’étoile centrale de Dumbbell.  La plupart des sources modernes lui attribuent une magnitude de 14 environ, mais les catalogues plus anciens la montrent un peu plus brillante. Avec mon télescope de 18″, l’étoile centrale est tout à fait évidente, mais je n’ai jamais essayé de déterminer quelle ouverture minimale était nécessaire pour la voir. Jetez un oeil et dites-moi quoi.

Si nous avons des doutes sur le caractère variable ou non de l’étoile centrale, nous savons qu’il y a au moins une variable dans cette image de Dumbbell. Dans le numéro d’octobre 2006 de « Sky and Telescope », Sue French note que l’astronome amateur tchèque Leos Ondra a découvert l’étoile variable Goldilocks (« Boucles d’Or ») en examinant diverses images de M27 en 1991.  Donc gardez vos yeux ouverts, on ne sait jamais ce que vous pourriez découvrir.  John Graham a fourni cette excellente image de Dumbbell pour l’article, je suis l’auteur de la carte de repérage au chercheur – John, pardonne-moi d’avoir crayonné sur une si belle image.
Quittons M27 avec une dernière image, celle de Josh Dominico.  Pouvez-vous identifier l’étoile variable Goldilocks ?

Maintenant déplaçons-nous de 4 degrés 3/4 vers le nord-est pour un autre chapitre de notre série « Crise d’identité galactique ».

NGC 6885 et/ou 6882 / Caldwell 37

Ces « deux » amas se trouvent à proximité de 20 Vulpeculae. L’un est centré sur l’étoile, l’autre est décalé. Peut-être. Les observateurs mentionnent souvent deux objets dans cette région, main qui est qui ? Pour la réponse, tournons-nous à nouveau vers « Star Clusters ».  William Herschel a découvert ces deux objets lors de deux nuits consécutives, et sa description pour chacun d’eux est quasi identique, la différence entre leurs positions étant de seulement 15′. Depuis lors, la confusion règne.
La meilleure hypothèse, jusqu’à ce que quelqu’un puisse revenir en arrière dans le temps et se retrouver avec Herschel une de ces nuits, c’est que 6885 est un doublon de 6882.
En 1930, Trumpler s’est rendu compte qu’il y avait là deux groupes, mais n’a pas donné de nom au second. C’est Collinder qui s’en est chargé – Collinder 416.  Cependant, Collinder s’est trompé lui aussi; apparemment il a inversé les tailles et magnitudes des deux groupes. En plus, il a mentionné que l’étoile 20 Vul faisait partie des deux et lui a attribué deux numéros différents dans son catalogue.
Les problèmes ont continué avec le catalogue Lund.
Pour les objets de Caldwell, je crois deviner que Moore faisait référence à ‘amas centré sur 20 Vul quand il en a choisi un pour l’inclure dans son catalogue. Mais le mieux serait de lui demander. Pour ceux qui voudraient un peu plus d’informations sur ce mystère céleste, Steven James O’Meara en fait une bonne narration dans son livre « The Caldwell Objects ».
D’un autre côté, peut-être la meilleure chose pour vous serait que vous regardiez vous-mêmes.

Rony De Laet, qui observait depuis Bekkevoort, en Belgique, avec son ETX90, a fait un croquis de la région, à voir ci-dessus. Il écrit :

A première vue, l’amas est insignifiant et masqué par l’étoile 20 Vul qui est plus brillante. Après un peu de temps, les étoiles moins lumineuses de l’amas se montrent. Enfin, quelques membres de l’amas semblent entourés de quelques nébulosités. Ca pourrait être l’éclat des étoiles plus faibles encore, au-delà des possibilités de l’ETX.

Et avec ceci, je termine la section consacrée à 688-… eeuhh, enfin soit, et nous allons nous diriger vers une bonne vieille nébuleuse planétaire. Placez-vous à 6 degrés au sud  de 688X, ou encore à 1 degré 3/4 à l’est de eta Sge (le bout de la flèche) pour y trouver 6886.
NGC 6886

Cette image de NGC 6886 par Bill Warden pourrait faire croire qu’il y a une bien jolie nébuleuse planétaire ici – Ah! Ce n’est sûrement pas un de ces objets qui vont vous donner frissons comme M27, évidemment. Le défi et le plaisir de cet objet, c’est de le découvrir. Voyons ensemble l’image DSS pour cette région :

J’ai trouvé que cette nébuleuse restait fort semblable à une simple étoile, jusqu’à ce que j’utilise un grossissement de près de 500x.  Le « bonus » c’est sa couleur, mais même celle-ci n’est pas apparente avant de grossir à environ 200x. Il y a plusieurs approches possible pour vous amener à cet objet – e mettre dans le champ, puis le parcourir à fort grossissement, ou le faire « clignoter » avec un filtre OIII et voir quelle « étoile » reste brillante.

Au fait,  joli travail, Bill.
Si vous êtes du style « dur à cuire », vous trouverez peut être cette image DSS, en négatif et inversée, utile pour raffiner vos recherches.

Je voudrais pouvoir vous dire que l’objet suivant est plus facile, mais – eh bien ce ne serait pas la vérité. Après les objets de belle taille, lumineux et spectaculaires, c’est bien d’en avoir quelques-uns plus difficiles, non ? Ainsi, descendons de 3 degrés et 1/2 vers le sud-est et partons à la recherche de IC 4997.  (Au moins, celui-ci nous donnera l’occasion de vérifier quel est le degré d’exactitude du placement des nébuleuses planétaires dans SkyMap Pro, n’est-ce pas ?)
IC 4997

Autre aiguille dans une botte de foin, celle-ci c’est vraiment une cible pour un gros télescope. Utilisez de forts grossissements, 200x ou plus pour obtenir la meilleure vue. La couleur bleu-vert devrait vous aider à la trouver, en comparant avec les étoiles du voisinage, mais si vous avez des problèmes, essayez la technique du « clignotement » avec un filtre OIII.
Pour ceux qui ne connaissent pas cette technique : utilisez un filtre OIII que vous insérez puis retirez du train optique. Examinez le champ minutieusement, et essayez de trouver l' »étoile » qui ne change pas d’éclat lorsque le filtre est remis en place. C’est la nébuleuse planétaire.
Une fois que vous l’aurez trouvée, vous saurez à quoi ça ressemble. A 200x dans un grand télescope, c’est petit et circulaire, avec peu de détails même aux plus forts grossissements.
Les « durs à cuire » peuvent une fois encore utiliser plutôt cette image DSS, en négatif et inversée.

La nébuleuse planétaire « bonus » de ce mois n’est guère plus facile.
Je ne l’ai pas placée dans la liste « officielle » des objets méritant notre attention, mais si, comme moi, vous êtes un fan des nébuleuses planétaires, vous ne pouvez quitter la région sans avoir essayé Abell 74. (remarquez que je n’ai pas dit regarder.)

Annotée PK 72-17.1 sur la carte précédente, c’est un objet difficile et qui demande un ciel noir et un GRAND diamètre. Je n’ai pas réussi à le localiser avec mon 18″, mais Alvin Huey (de CN) y est parvenu avec son 22″. Si vous le cherchez sur les clichés DSS, regardez avec soin.  Avec beaucoup de soin – c’est quasi impossible à trouver.
Si les nébuleuses planétaires d’Abell vous intéressent, je vous recommande chaudement le livre d’Alvin- « The Abell Planetary Observer’s Guide ».  C’est un outil merveilleux.
Frustré?  Alors, courage, l’objet suivant est plus facile.
NGC 6940

Dans un petit télescope, cet amas ouvert ressemble un peu à une brume lumineuse, à peine concentrée. Dans un télescope de 8″, vous verrez un groupement de 70 à 80 étoiles, tandis que de plus grands instruments procureront une vue encore plus riche et détaillée. Cherchez une étoile rougeâtre près du centre.

Vedran Vrhovac qui observe de Croatie avec un Dobson de 8″ à f6 et un grossissement de 38x décrit ceci :

Amas ouvert situé dans une zone de la Voie lactée riche en étoiles. Selon moi, dimensions estimées à  40’x 15’. Il consiste en environ 70 étoiles de magnitude 10 à 11. Dans la partie centrale de l’amas, il y a une étoile orange de magnitude 9. L’amas évoque pour moi un poisson avec la tête à l’ouest, la queue ver l’est.

Ceci nous amène à notre dernier objet pour ce soir.
Objet défi – Palomar 10
Le deuxième amas globulaire dans la région est beaucoup plus dur à trouver que son homologue.

Pal 10 se trouve à 34556 années-lumière de nous et a une luminosité de seulement 509 soleils. Pal 10 a été découvert lors d’une analyse des clichés DSS, en 1955, par A. G. Wilson.  Une fois encore, « Where is M13″  de Bill Tschumy peut nous donner une meilleure idée d’où il se trouve par rapport à nous.

Pal 10 n’est pas l’objet le plus simple à trouver, un bon diamètre et un ciel noir sont fortement recommandés. La zone en général n’est pas trop compliquée à explorer cependant, puisque c’est près d’une des pièces de choix de ce mois : l’amas d’Al Sufi.

A nouveau, vous voudrez probablement vous aider d’une image DSS, en négatif et inversée.

Comme pour tout objet difficile, je vous recommande d’utiliser cet article comme point de départ seulement. Je vous encourage à imprimer des cartes qui se marient bien avec votre télescope et votre équipement. Utilisez MAST DSS, MegaStar, SkyMap Pro, Sky Tools 2 ou RealSky jusqu’à ce que vous trouviez quelque chose avec laquelle vous vous sentez à l’aise.
Je trouve que chercher ces objets ésotériques et difficiles améliore vos qualités d’observateur et vous permet de mieux apprécier ces véritables merveilles de notre ciel. En plus, c’est plutôt chouette de voir quelque chose que peu d’autres ont vu.

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